Dans un monde où la transition écologique devient une nécessité, Printerre s’impose comme un modèle d’innovation dans le secteur du reconditionné. Cette entreprise française a su transformer les défis environnementaux en opportunités économiques tout en plaçant l’humain au cœur de sa stratégie. Avec un chiffre d’affaires en progression de 45% sur les trois dernières années, Printerre démontre qu’allier performance économique et inclusion sociale n’est pas un vœu pieux mais une réalité profitable. Comment cette entreprise a-t-elle réussi à conjuguer ces deux dimensions apparemment contradictoires? Quelles sont les pratiques managériales qui sous-tendent ce succès remarquable?
La genèse de Printerre : quand économie circulaire rime avec impact social
Née en 2015 dans la banlieue lyonnaise, Printerre est le fruit de la vision audacieuse de Mathilde Renaud et Thomas Berger, deux ingénieurs passionnés par l’économie circulaire. Face au constat alarmant que plus de 80% des imprimantes professionnelles finissaient à la décharge après seulement quelques années d’utilisation, ils ont décidé de créer une structure capable de leur offrir une seconde vie.
À l’origine, l’entreprise ne comptait que cinq collaborateurs dans un petit atelier de 200m². Aujourd’hui, Printerre emploie plus de 120 personnes et occupe un site industriel de 4500m² entièrement alimenté par des énergies renouvelables. Cette croissance fulgurante s’explique par un positionnement unique sur le marché : proposer des équipements d’impression reconditionnés haut de gamme avec une garantie équivalente au neuf, mais à un prix inférieur de 30 à 50%.
Mais la véritable innovation de Printerre réside dans son modèle social. Dès sa création, l’entreprise a fait le choix d’intégrer une dimension inclusive forte en recrutant et formant des personnes éloignées de l’emploi. Aujourd’hui, 40% des effectifs sont issus de parcours d’insertion, dont une majorité de personnes en situation de handicap, de chômeurs de longue durée et de jeunes sans qualification.
Ce modèle hybride entre entreprise classique et structure d’insertion a permis à Printerre de bénéficier de certains dispositifs d’aide à l’emploi, mais surtout de développer une expertise unique dans l’accompagnement et la montée en compétences de profils atypiques. Marie Dupont, directrice des ressources humaines, souligne : « Notre force est d’avoir transformé ce qui pourrait être perçu comme une contrainte en un véritable avantage compétitif. Nos équipes diversifiées nous apportent une richesse de perspectives et une capacité d’adaptation remarquable. »
Cette approche s’est révélée particulièrement pertinente dans un secteur où la main-d’œuvre qualifiée est rare. Plutôt que de se battre pour recruter les mêmes profils que ses concurrents, Printerre a créé sa propre filière de formation interne, « Print Academy« , qui permet à des personnes sans expérience préalable d’acquérir toutes les compétences nécessaires au reconditionnement d’équipements d’impression complexes.
Le modèle économique de l’entreprise repose sur trois piliers principaux :
- La collecte d’équipements d’impression en fin de premier cycle d’utilisation auprès de grandes entreprises et administrations
- Le reconditionnement complet dans les ateliers lyonnais selon un processus certifié ISO 9001
- La revente à des PME, collectivités et associations avec des services de maintenance associés
Cette approche circulaire permet non seulement de réduire drastiquement l’empreinte environnementale liée au matériel d’impression, mais génère des marges supérieures à celles du secteur traditionnel, tout en créant des emplois non délocalisables.
L’innovation technique au service de l’inclusion professionnelle
Le défi majeur de Printerre était de concilier l’exigence technique inhérente au reconditionnement d’équipements complexes avec l’emploi de personnes parfois très éloignées du monde du travail. Pour relever ce défi, l’entreprise a développé des approches novatrices qui méritent d’être analysées.
Au cœur de cette stratégie se trouve la méthode « Print-Blocks« , un système d’organisation du travail inspiré des principes du lean manufacturing mais adapté aux spécificités de l’insertion professionnelle. Chaque processus de reconditionnement est décomposé en modules autonomes, permettant une progression graduelle dans la complexité des tâches.
« Nous avons conçu nos postes de travail de manière à ce qu’ils soient accessibles à tous, quelle que soit la situation de handicap ou le niveau de qualification initial », explique Karim Benali, responsable des méthodes. Cette approche inclut des établis à hauteur variable, des outils ergonomiques, mais surtout des supports visuels innovants qui guident pas à pas les opérations techniques.
L’utilisation de la réalité augmentée constitue l’une des innovations majeures de Printerre. Des lunettes connectées projettent directement dans le champ de vision du technicien les instructions nécessaires à chaque étape du reconditionnement. Ce dispositif, initialement conçu pour faciliter le travail des personnes en situation de handicap cognitif, s’est révélé si efficace qu’il a été généralisé à l’ensemble des postes.
« Grâce à ce système, nous avons réduit de 60% le temps de formation nécessaire et diminué le taux d’erreur de 75% », précise Karim Benali. Une performance d’autant plus remarquable que Printerre reconditionne plus de 40 modèles différents d’équipements d’impression professionnels, certains comportant jusqu’à 3000 pièces détachées.
L’entreprise a développé en interne un logiciel baptisé « PrintTrack » qui assure la traçabilité complète de chaque intervention sur un équipement. Cette solution permet non seulement de garantir un niveau de qualité constant, mais constitue aussi un outil pédagogique précieux. Chaque technicien peut suivre sa progression et identifier les domaines où il doit renforcer ses compétences.
Pour les personnes en situation de handicap auditif, Printerre a mis en place un système de communication par tablettes tactiles intégrant une traduction automatique en langue des signes. Cette innovation a valu à l’entreprise le prix de l’innovation sociale 2020 décerné par Bpifrance.
Au-delà des adaptations techniques, Printerre a repensé l’organisation même du travail. L’entreprise pratique une flexibilité horaire rare dans le secteur industriel, avec des journées modulables selon les contraintes personnelles des salariés. Cette approche s’avère particulièrement bénéfique pour les parents isolés ou les personnes suivant des soins médicaux réguliers.
Le tutorat joue un rôle fondamental dans ce dispositif. Chaque nouveau collaborateur est accompagné par un tuteur formé spécifiquement à la pédagogie adaptée. Ces tuteurs, souvent d’anciens bénéficiaires du parcours d’insertion, bénéficient d’une reconnaissance spécifique, tant en termes de statut que de rémunération.
Une stratégie commerciale qui transforme les contraintes en avantages
Contrairement aux idées reçues, Printerre n’a pas bâti sa réussite sur une simple stratégie de prix bas. L’entreprise a développé une approche commerciale sophistiquée qui transforme les spécificités de son modèle en arguments de vente percutants.
Le premier pilier de cette stratégie repose sur la qualité irréprochable des produits reconditionnés. Printerre propose une garantie de 3 ans sur l’ensemble de ses équipements, supérieure à celle offerte par de nombreux fabricants pour du matériel neuf. Cette garantie est rendue possible par un processus de reconditionnement qui va bien au-delà du simple nettoyage et remplacement des consommables.
« Nous ne nous contentons pas de réparer, nous améliorons les équipements », affirme Sophie Legrand, directrice technique. Chaque imprimante ou photocopieur passe par 28 points de contrôle et bénéficie systématiquement des dernières mises à jour logicielles. Les pièces d’usure sont remplacées préventivement, même si elles ne présentent pas encore de défaillance.
Cette qualité exceptionnelle a permis à Printerre de décrocher des contrats avec des clients exigeants comme des cabinets d’avocats, des établissements de santé ou des PME industrielles. Pour ces entreprises, la fiabilité prime sur le prix d’achat initial.
Le deuxième axe stratégique concerne l’argument environnemental. Printerre a fait réaliser une analyse de cycle de vie comparative qui démontre que ses équipements reconditionnés génèrent 87% moins d’émissions de CO2 que des appareils neufs équivalents. Un argument de poids à l’heure où de nombreuses organisations cherchent à réduire leur empreinte carbone.
Pour renforcer cette dimension, l’entreprise propose depuis 2019 un « Printing Carbon Score« , un indicateur qui permet à ses clients de mesurer précisément les émissions évitées grâce à leurs achats de matériel reconditionné. Cet outil, accessible via une plateforme en ligne, s’intègre parfaitement aux rapports RSE des entreprises clientes.
Mais c’est probablement sur le volet social que la stratégie commerciale de Printerre se révèle la plus innovante. L’entreprise a transformé son modèle inclusif en un argument commercial différenciant, particulièrement efficace auprès des organisations soumises à des obligations d’achats responsables.
- Pour les entreprises assujetties à l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés, les achats auprès de Printerre peuvent être partiellement déductibles de leur contribution AGEFIPH
- Pour les acheteurs publics, le partenariat avec Printerre répond aux clauses sociales des marchés publics
- Pour les grandes entreprises engagées dans des démarches RSE, la collaboration permet de concrétiser des engagements sociétaux
Printerre a structuré une équipe commerciale spécialisée dans ces problématiques, capable d’accompagner les clients dans l’optimisation de leur politique d’achats responsables. Cette expertise constitue un avantage concurrentiel décisif face aux acteurs traditionnels du secteur.
« Nos commerciaux ne sont pas de simples vendeurs, ce sont des consultants en économie circulaire et en achats inclusifs », souligne Jean Moreau, directeur commercial. Cette posture de conseil renforce la valeur ajoutée perçue et justifie des prix supérieurs à ceux pratiqués par d’autres reconditionneurs moins engagés socialement.
La fidélisation client représente un autre aspect remarquable de la stratégie de Printerre. L’entreprise affiche un taux de renouvellement de contrat de 92%, largement supérieur aux standards du secteur. Cette performance s’explique notamment par un service après-vente exclusivement basé en France et accessible via une hotline dédiée.
Management inclusif : les pratiques qui font la différence
Le modèle managérial développé par Printerre constitue sans doute l’aspect le plus novateur de son approche. L’entreprise a élaboré un cadre de travail qui permet à des personnes aux parcours très divers de collaborer efficacement tout en progressant individuellement.
La philosophie managériale de Printerre repose sur le concept de « capabilité« , développé par l’économiste Amartya Sen. Il s’agit de créer les conditions permettant à chacun de développer ses capacités et de les mettre en œuvre de manière autonome. Cette approche se traduit par des pratiques concrètes qui méritent d’être détaillées.
Le système d’évaluation des performances a été entièrement repensé pour s’adapter à la diversité des profils. Plutôt que de comparer les salariés entre eux sur la base d’objectifs standardisés, Printerre a mis en place des parcours de progression personnalisés. Chaque collaborateur dispose d’un « carnet de compétences » qui identifie ses points forts et les domaines dans lesquels il peut progresser.
« Nous ne mesurons pas la performance dans l’absolu, mais l’évolution de chacun par rapport à son point de départ », explique Marie Dupont. Cette approche permet de valoriser les progrès réalisés, même lorsqu’ils partent d’un niveau initial très bas, et de maintenir la motivation sur la durée.
Les réunions d’équipe ont été adaptées pour garantir l’inclusion de tous. Elles suivent un format très structuré, avec un temps de parole équitablement réparti et des supports visuels systématiques pour faciliter la compréhension. Pour les personnes ayant des difficultés d’expression, des outils de communication alternative sont proposés, comme des cartes de feedback ou des applications sur tablette.
L’organisation spatiale des locaux reflète cette philosophie inclusive. Les espaces de travail sont conçus pour favoriser les interactions tout en respectant les besoins spécifiques de chacun. Des zones calmes sont disponibles pour les personnes sensibles aux stimulations sonores, tandis que des espaces collaboratifs facilitent l’entraide et le partage de connaissances.
La formation continue occupe une place centrale dans le modèle de Printerre. L’entreprise y consacre 6% de sa masse salariale, soit plus du double de l’obligation légale. Au-delà des compétences techniques, ces formations abordent des sujets comme la communication non violente, la gestion du stress ou l’organisation personnelle.
Un dispositif original de « compétences croisées » permet aux salariés de partager leurs savoir-faire spécifiques. Ainsi, des personnes en situation de handicap mental excellent souvent dans la détection visuelle des défauts et forment leurs collègues à cette compétence. À l’inverse, des collaborateurs plus à l’aise avec l’informatique animent des ateliers sur les outils numériques.
La gestion des carrières fait l’objet d’une attention particulière. Printerre a créé des passerelles entre ses différents services pour permettre une mobilité interne adaptée aux aspirations de chacun. Plusieurs cadres actuels de l’entreprise ont débuté comme opérateurs de reconditionnement, démontrant la réalité de ces opportunités d’évolution.
Le bien-être au travail n’est pas considéré comme un luxe mais comme une condition nécessaire à la performance durable. Des séances hebdomadaires de yoga ou de relaxation sont proposées pendant les heures de travail. Un psychologue du travail intervient régulièrement pour des consultations individuelles ou des médiations d’équipe.
Cette approche holistique porte ses fruits : le taux d’absentéisme chez Printerre est de 4,2%, contre une moyenne de 7,8% dans le secteur industriel. Le turnover est également très inférieur aux standards du marché, ce qui génère des économies substantielles en recrutement et formation.
Vers un modèle d’entreprise régénérative
Les résultats impressionnants de Printerre posent la question de la transférabilité de son modèle à d’autres secteurs économiques. L’entreprise a récemment créé une structure de conseil, « PrintImpact« , pour partager son expertise avec d’autres organisations désireuses de concilier performance économique et impact social positif.
L’ambition de Printerre va au-delà de la simple réussite commerciale. Mathilde Renaud, co-fondatrice, défend le concept d' »entreprise régénérative » : « Nous ne voulons pas seulement réduire notre impact négatif sur l’environnement et la société, mais générer un impact positif net. Cela signifie régénérer les écosystèmes naturels et sociaux dans lesquels nous opérons. »
Cette vision se traduit par des initiatives concrètes qui dépassent le cadre traditionnel de la responsabilité sociale des entreprises. Sur le plan environnemental, Printerre a lancé en 2021 un programme de reforestation dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Pour chaque tonne de matériel reconditionné, l’entreprise finance la plantation d’arbres en partenariat avec l’Office National des Forêts.
Dans le domaine social, l’entreprise a créé une fondation qui soutient des projets d’insertion professionnelle innovants. Dotée d’un budget annuel de 200 000 euros, la Fondation Printerre a déjà accompagné une quinzaine d’initiatives, principalement portées par des structures de l’économie sociale et solidaire.
Le modèle économique lui-même évolue vers une logique de fonctionnalité. Depuis 2020, Printerre propose une offre « Print-as-a-Service » qui remplace l’achat d’équipement par un abonnement incluant la mise à disposition du matériel reconditionné, sa maintenance et son évolution. Cette approche permet d’optimiser l’utilisation des ressources et de maximiser la durée de vie des équipements.
L’entreprise a engagé une réflexion sur la gouvernance partagée, avec l’objectif de devenir une société à mission au sens de la loi PACTE. Un comité des parties prenantes, intégrant des représentants des salariés, des clients, des fournisseurs et des acteurs du territoire, a été constitué pour contribuer aux orientations stratégiques.
La transmission des savoirs constitue un autre axe de développement majeur. Printerre a noué des partenariats avec plusieurs établissements d’enseignement, dont l’École Centrale de Lyon et l’INSA, pour sensibiliser les futurs ingénieurs aux enjeux de l’économie circulaire et du management inclusif.
L’innovation reste au cœur de la stratégie de croissance. Le département R&D, qui emploie désormais huit personnes, travaille sur des projets ambitieux comme l’utilisation de matériaux biosourcés pour remplacer certaines pièces plastiques ou le développement d’un système de diagnostic prédictif basé sur l’intelligence artificielle.
À l’international, Printerre privilégie un modèle de croissance basé sur des partenariats avec des acteurs locaux partageant ses valeurs. Des joint-ventures ont été créées en Espagne et en Belgique, et des discussions sont en cours pour un déploiement en Allemagne et en Italie.
Cette stratégie de développement responsable séduit de plus en plus d’investisseurs. En 2022, Printerre a réalisé une levée de fonds de 8 millions d’euros auprès d’acteurs de la finance à impact comme Phitrust et INCO Ventures. Ces fonds permettront d’accélérer l’industrialisation des processus tout en maintenant l’engagement social de l’entreprise.
Les enseignements à tirer du modèle Printerre
Le parcours de Printerre offre des enseignements précieux pour les dirigeants et entrepreneurs qui souhaitent concilier performance économique et impact positif. Au-delà du cas spécifique du secteur du reconditionné, plusieurs principes fondamentaux peuvent être extrapolés.
Premièrement, l’expérience de Printerre démontre qu’il est possible de transformer des contraintes apparentes en avantages stratégiques. Là où beaucoup verraient dans l’emploi de personnes éloignées du marché du travail une source de complications, l’entreprise y a trouvé un levier de différenciation et d’innovation.
« La diversité n’est pas un obstacle à surmonter mais une ressource à valoriser », résume Thomas Berger, co-fondateur. Cette approche suppose d’abandonner une vision standardisée du travail pour adopter une perspective centrée sur les capacités spécifiques de chaque individu.
Deuxièmement, le succès de Printerre repose sur une intégration profonde des enjeux sociaux et environnementaux dans la proposition de valeur elle-même. Il ne s’agit pas d’une démarche RSE juxtaposée à un modèle économique traditionnel, mais d’une refonte complète de la chaîne de valeur.
Cette intégration se manifeste à tous les niveaux : dans la conception des produits et services, dans l’organisation du travail, dans la relation client et jusque dans la structure financière de l’entreprise. Les objectifs d’impact ne sont pas traités comme des contraintes externes mais comme des moteurs de création de valeur.
Troisièmement, l’expérience de Printerre souligne l’importance d’une approche systémique de l’innovation. Les avancées les plus significatives de l’entreprise sont nées du croisement entre innovation technologique, innovation sociale et innovation organisationnelle.
Par exemple, le système de réalité augmentée utilisé dans les ateliers combine une innovation technique (les lunettes connectées), une innovation sociale (l’adaptation aux besoins spécifiques des travailleurs) et une innovation organisationnelle (la modularisation des tâches). C’est cette approche multidimensionnelle qui génère des avantages compétitifs durables.
Quatrièmement, le modèle Printerre illustre la puissance du « slow scaling« , une croissance progressive qui privilégie la solidité des fondations à la rapidité d’expansion. Contrairement à de nombreuses startups qui cherchent à se développer le plus vite possible, l’entreprise a pris le temps de consolider son modèle avant d’accélérer.
Cette patience stratégique a permis de construire une culture d’entreprise robuste et de développer des processus véritablement adaptés aux spécificités du projet. Elle explique en grande partie la résilience dont a fait preuve Printerre face aux turbulences économiques récentes.
Cinquièmement, la réussite de Printerre repose sur un équilibre subtil entre vision idéaliste et pragmatisme économique. Si l’entreprise poursuit des objectifs sociaux et environnementaux ambitieux, elle n’en reste pas moins ancrée dans une réalité commerciale exigeante.
« Nous ne sommes pas une association caritative mais une entreprise qui doit être rentable pour pérenniser son impact », rappelle Mathilde Renaud. Cette lucidité économique se traduit par une attention constante aux indicateurs de performance financière, même si ceux-ci coexistent avec des métriques d’impact social et environnemental.
Pour les dirigeants qui souhaiteraient s’inspirer de cette approche, Printerre recommande de commencer par une analyse approfondie de sa chaîne de valeur pour identifier les points où l’impact social et environnemental peut devenir un facteur de différenciation. L’entreprise conseille ensuite d’expérimenter à petite échelle avant de déployer plus largement les initiatives prometteuses.
La formation du management intermédiaire constitue un facteur critique de succès souvent négligé. Chez Printerre, tous les responsables d’équipe suivent un programme spécifique de 120 heures sur le management inclusif, avec un fort accent sur l’écoute active et la résolution collaborative des problèmes.
Le parcours de Printerre démontre qu’au-delà des discours sur la responsabilité des entreprises, il existe un espace économique réel pour des modèles qui allient performance et inclusion. Dans un contexte où les attentes sociétales envers les entreprises ne cessent de croître, cette approche pourrait bien représenter non pas une option parmi d’autres, mais la voie d’avenir pour de nombreux secteurs économiques.
